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Publié le 22/01/2026

NASDAQ: SOUN

SoundHound AI
La Voix du futur

Ouvrir la Voie

L'histoire de SoundHound AI, ne dĂ©bute pas dans l'euphorie de la vague IA moderne, mais dans une vision formulĂ©e il y a plus de deux dĂ©cennies. FondĂ©e en septembre 2005 Ă  Santa Clara, au cƓur de la Silicon Valley, par Keyvan Mohajer, Majid Emami et James Hom, l'entreprise portait initialement le nom de Midomi. À une Ă©poque oĂč l'interaction homme-machine se limitait aux claviers et aux souris, et oĂč les assistants vocaux relevaient de la science-fiction, Mohajer a anticipĂ© que la voix serait la prochaine Ă©volution de l’interface, plus naturelle et plus rapide que toute autre forme de commande.

Envisioner une rupture technologique est admirable, mais la transformation en solution Ă©conomiquement viable est trop rare. L'Ă©quipe entame alors une traversĂ©e du dĂ©sert, soit plus de 10 ans passĂ©s uniquement en recherche & dĂ©veloppement. Des solutions concurrentes existent dĂ©jĂ . Elles reposent sur un assemblage sĂ©quentiel : un module de conversion de la parole en texte, suivi d'un module d'interprĂ©tation du texte, puis d'une exĂ©cution. Cette approche, jugĂ©e lourde et inefficace, multiplie les Ă©tapes de calcul, accroĂźt la consommation de ressources, augmente le taux d’erreurs et introduit une latence perceptible pour l’utilisateur. Convaincue des limites structurelles de ce modĂšle, l’équipe choisit de s’en affranchir et de dĂ©velopper une technologie entiĂšrement nouvelle, dont elle serait pleinement propriĂ©taire.

Les premiers rĂ©sultats sont prometteurs, mais loin d’ĂȘtre rĂ©volutionnaires. SoundHound se fait connaĂźtre du grand public grĂące Ă  son application de reconnaissance musicale, capable d’identifier un morceau simplement en le fredonnant. Cet outil permet de collecter des donnĂ©es acoustiques prĂ©cieuses et de valider certains algorithmes clĂ©s, mais il ne constitue qu’une premiĂšre Ă©tape. L’ambition rĂ©elle de l’entreprise est ailleurs : le dĂ©veloppement de la technologie Speech-to-Meaning, une architecture capable de traiter simultanĂ©ment le signal sonore et son sens, en s’inspirant du fonctionnement cognitif humain.

Le virage B2B (business to business)

En 2016, SoundHound AI lance Houndify, sa premiĂšre plateforme de reconnaissance vocale destinĂ©e aux entreprises. Cette offre marque un tournant stratĂ©gique et suscite rapidement l’intĂ©rĂȘt d’acteurs majeurs de l’écosystĂšme technologique. Face Ă  des concurrents de taille tels qu’Apple, Google ou Amazon, SoundHound parvient nĂ©anmoins Ă  se positionner comme un acteur crĂ©dible et indĂ©pendant, attirant le soutien de partenaires stratĂ©giques de premier plan, parmi lesquels Nvidia, Samsung et Tencent. Cette reconnaissance se matĂ©rialise par une levĂ©e de fonds de 75 M$, tĂ©moignant de la confiance accordĂ©e Ă  la technologie et Ă  son potentiel de dĂ©ploiement industriel.

DĂšs janvier 2016, Nvidia intĂšgre Houndify Ă  sa plateforme embarquĂ©e NVIDIA DRIVE, dĂ©montrant qu’une commande vocale avancĂ©e peut fonctionner localement, sans dĂ©pendance au cloud ni connexion internet permanente. Samsung adopte de son cĂŽtĂ© la technologie au sein de sa plateforme d’objets connectĂ©s ARTIK, permettant Ă  certains appareils domestiques de proposer une interaction vocale. Ces premiĂšres intĂ©grations ont principalement valeur de dĂ©monstration technologique : si elles valident la robustesse de la solution, leur impact fonctionnel et commercial demeure limitĂ©.

La premiĂšre application vĂ©ritablement convaincante de Houndify Ă©merge avec Rand McNally, acteur historique de la cartographie routiĂšre. L’entreprise lance une tablette connectĂ©e destinĂ©e aux conducteurs, sur laquelle Houndify permet de piloter la navigation, la musique et les communications sans quitter la route des yeux. Uber expĂ©rimente Ă©galement la technologie en intĂ©grant une fonctionnalitĂ© de rĂ©servation entiĂšrement vocale. Ces cas d’usage confirment la viabilitĂ© de la solution, sans toutefois constituer encore des dĂ©ploiements de grande ampleur.

En contact avec Hyundai dĂšs 2015, c’est finalement en 2019 que Soundhound AI dĂ©croche son premier contrat d'ampleur en Ă©quipant massivement deux nouveaux modĂšles du constructeur automobile en Inde et en AmĂ©rique du Nord. Les deux partenaires Ă©laborent ensemble un assistant numĂ©rique disposant d’une certaine autonomie. Il est proactif, il fait des suggestions sur le trafic routier ou sur un rendez-vous proche. Il est Ă©galement connectĂ© Ă  certains systĂšmes de la voiture qu’il peut contrĂŽler, comme le toit ouvrant, la climatisation et les portes. Enfin, il doit s’adapter Ă  la difficultĂ© linguistique de l’accent indien, ainsi que performer dans des situations bruyantes. La technologie relĂšve le test avec succĂšs et acquiert une crĂ©dibilitĂ© qui lui permettra de multiplier les contrats dans le domaine automobile. Parmi les clients actuels se trouve :

  • Stellantis : DĂ©ploiement global sur Peugeot, Opel, Vauxhall, Alfa Romeo, et DS Automobiles,

  • Hyundai / Kia : Partenaires historiques avec des contrats Ă  long terme (7 ans),

  • Honda : DĂ©ploiement sur les vĂ©hicules Ă©lectriques et modĂšles europĂ©ens),

  • Lucid Motors : Partenaire pour une expĂ©rience haut de gamme tout-vocal.

Passage au Drive

Dans une situation de pĂ©nurie de main d'Ɠuvre, le secteur de la restauration se tourne en nombre vers Soundhound AI pour palier au problĂšme. La situation est rude, les taux de rotation du personnel (turnover) dĂ©passent rĂ©guliĂšrement les 150 % annuels. Sur une annĂ©e, la totalitĂ© de l’effectif plus encore une autre moitiĂ© quittent leur emploi.  Ce phĂ©nomĂšne engendre des coĂ»ts massifs en recrutement et en formation pour les restaurants qui souffrent automatiquement d’une faible qualitĂ© de service dĂ» Ă  l’inexpĂ©rience. Dans une industrie en souffrance,  particuliĂšrement durant la pĂ©riode de crise sanitaire et de confinement, les restaurations ont le choix entre augmenter les salaires pour garder leurs employĂ©s ou automatiser ces emplois.

Fin 2020, la cĂ©lĂšbre chaĂźne de restauration White Castle dĂ©cide de tester la technologie dans le cadre d’un projet pilote. Soundhound AI conçoit alors une IA vocale destinĂ©e Ă  gĂ©rer le service au Drive-thru. Cet assistant vocal prend les commandes des clients, gĂšre les modifications de menu et transmet les informations Ă  la cuisine, sans intervention humaine. Les rĂ©sultats sont probants :

  • Le taux de commandes sans erreur dĂ©passe 90 %, supĂ©rieur Ă  celui des employĂ©s humains, qui varie entre 85 et 89 %.

  • La vitesse de traitement des commandes est infĂ©rieure Ă  la minute, contre 75 Ă  90 secondes en moyenne pour les humains.

  • Cerise sur le gĂąteau, l’assistant est aussi un meilleur vendeur, le panier moyen des commandes qu’il traite oscillant entre 16,50 $ et 18,00 $ alors qu’il n’est que de 15$ pour un humain. Cet assistant malĂ©fique qui nous tente constamment avec des frites et des Sundae, c’est inhumain !

Le retour client est lui aussi trĂšs positif avec 71 % des 18-40 ans qui dĂ©clarent prĂ©fĂ©rer commander via une machine, pendant que les Baby Boomers Ă©taient probablement en train de vocifĂ©rer que : “les restaurants, c’étaient mieux avant”. Cet assistant ne se fatigue pas, il ne tombe ni malade ni enceinte, il est prĂ©sent Ă  son poste 24/7. Sur les 350 restaurants de la marque, plus d’une centaine de Drive-thru sont aujourd’hui Ă©quipĂ©s d’un assistant vocal. Une autre version de ce dernier a Ă©tĂ© adoptĂ©e pour la prise de commande par tĂ©lĂ©phone par la chaĂźne Chipotle et Jersey Mike's Subs.

Soundhound AI a vraiment fait son nid dans la restauration avec une multitude de contrats et une adoption croissante dans de vastes domaines.


Vers de nouveaux paysages

La restauration et l’automobile n’étant pas les secteurs les plus robustes, il est rassurant de constater que Soundhound AI ne dĂ©pend pas exclusivement de ces marchĂ©s. Suite Ă  l’acquisition de l’entreprise Amelia en aoĂ»t 2024 pour 80 M$, Soundhound AI compte dĂ©sormais parmi ses clients 7 des 10 plus grandes banques mondiales, dont JPMorgan Chase, Bank of America, UBS et BNP Paribas. Cette expansion s’accompagne d’Amelia, l’agent virtuel Ă©ponyme.


Amelia n’est pas un simple chatbot. Contrairement aux systĂšmes vocaux traditionnels (“Tapez 1”) ou aux rĂ©ponses automatiques limitĂ©es Ă  une FAQ, elle comprend le langage naturel et agit de maniĂšre autonome sur les comptes clients. Elle peut exĂ©cuter des virements, dĂ©bloquer des comptes, rĂ©initialiser des mots de passe ou gĂ©rer des oppositions sur cartes bancaires. Elle propose Ă©galement des recommandations personnalisĂ©es en temps rĂ©el, par exemple : « J’ai remarquĂ© que vos frais bancaires sont Ă©levĂ©s Ă  l’étranger, souhaitez-vous activer l’option voyage ? ». Disponible 24/7, Amelia se rapproche davantage d’une employĂ©e numĂ©rique que d’un chatbot classique. Elle assiste non seulement les clients, mais Ă©galement les collaborateurs, en les aidant dans des situations juridiques complexes ou en gĂ©rant certains aspects des services informatiques, tels que les problĂšmes de rĂ©seau ou de sessions.

Soundhound AI a ainsi tournĂ© la page de son Ă©poque oĂč l’automobile reprĂ©sentait 80 % de son chiffre d’affaires. Aujourd’hui, les Services Financiers, la SantĂ©, la Restauration et l’Assurance contribuent chacun Ă  deux chiffres au chiffre d’affaires total. Bien que l’expansion de l’entreprise soit fulgurante, son potentiel reste gigantesque : le marchĂ© de l’IA conversationnelle, dont Soundhound AI est l’un des leaders, est estimĂ© Ă  140 Mds $, alors que le chiffre d’affaires prĂ©vu pour 2025 s’élĂšve Ă  environ 170 M$. Ce marchĂ© naissant et encore fragmentĂ© est destinĂ© Ă  connaĂźtre des Ă©volutions profondes, offrant Ă  Soundhound AI de multiples opportunitĂ©s de croissance.


Le carburant de la croissance

Dans sa stratĂ©gie de dĂ©veloppement, l’acquisition d’entreprises constitue un levier dĂ©cisif pour consolider sa position sur le marchĂ© des assistants vocaux. Cela est particuliĂšrement vrai dans les secteurs de la banque et de l’assurance, oĂč les contraintes rĂ©glementaires et de sĂ©curitĂ© rendent l’acquisition de nouveaux clients longue et complexe. La concurrence est intense, et une approche trop prudente pourrait s’avĂ©rer prĂ©judiciable sur le long terme. Pour rester compĂ©titive face aux gĂ©ants du numĂ©rique, Soundhound AI doit proposer le meilleur produit possible. Atteindre ce niveau de performance nĂ©cessite des investissements massifs et continus. Plus l’entreprise grandit, plus sa capacitĂ© d’autofinancement augmente, ce qui lui permet de sĂ©curiser sa compĂ©titivitĂ© et de viser cette “masse critique” indispensable pour devenir indĂ©pendante et incontournable.

(Keyvan Mohajer, CEO) : "This is a significant step in our strategy to consolidate the conversational AI market. [...] With Amelia, we are creating a force with significant scale, across verticals, and with a shared vision."

L’équipe sait que le marchĂ© ne les attend pas, c’est une course oĂč le gagnant remporte tout (“Winner takes all”).

(Keyvan Mohajer, CEO) : "The market is fragmented with many players who have great technology but no scale, or scale but legacy technology. SoundHound is acting as the consolidator. We are combining the best tech with the largest scale to emerge as the clear leader."

Dans cet environnement, il est essentiel de se rappeler que la sociĂ©tĂ© n’est pas rentable et que cela a des consĂ©quences Ă©videntes sur son financement, car elle ne dispose pas d’une trĂ©sorerie infinie. L'entreprise a levĂ© environ 215$ millions sur le marchĂ© privĂ© auprĂšs d'une liste impressionnante d'investisseurs prestigieux et stratĂ©giques. En 2022, elle a dĂ©sespĂ©rĂ©ment besoin de nouveaux financements et dĂ©cide de rentrer en bourse mais le timing est mauvais, la conjoncture Ă©conomique dĂ©favorable, et le rĂ©sultat est bien infĂ©rieur aux attentes avec seulement 110$ millions rĂ©coltĂ©s.

De nouveau en difficultĂ© l’annĂ©e suivante, ayant un besoin urgent de liquiditĂ©s pour financer ses pertes opĂ©rationnelles et ses acquisitions, SoundHound a mis en place une mĂ©canique de financement par le marchĂ© public. C’est une pratique particuliĂšrement douloureuse pour l'actionnaire individuel car lever des fonds consiste Ă  devoir partager l’entreprise avec plus d’investisseurs. Le gĂąteau a beau ĂȘtre succulent, il Ă©tait pour 6 mais il est dĂ©sormais destinĂ© Ă  12 ventres affamĂ©s. Evidemment le marchĂ© est naturellement rĂ©pugnĂ© par ce partage forcĂ© imposĂ© par les entreprises en quĂȘte de liquiditĂ© et le cours boursier de ces derniĂšres est presque toujours immĂ©diatement sanctionnĂ© par de larges vagues de ventes. L’entreprise capitalise sur l’euphorie qui s’empare des valeurs IA sur le marchĂ© boursier pour vendre de nouvelles actions au prix du jour et ainsi gĂ©nĂ©rer 25$M supplĂ©mentaires.  A cela s’ajoute une dette contractĂ©e de 100$M.

En 2024, un changement de paradigme s’opĂšre. Jusqu’alors, les levĂ©es de capitaux avaient pour but de financer les opĂ©rations et la R&D mais les prochaines auront un but nettement plus ambitieux. SoundHound AI fait l’acquisition cette annĂ©e de  SYNQ3 et Amelia pour respectivement 25$ et 80$M, puis d’Interactions l’annĂ©e suivante pour 60$M. Evidemment, ces opĂ©rations se font aux dĂ©triments des actionnaires historiques qui voient leur part du gĂąteau se rĂ©duire Ă  peau de chagrin.

Période

Actions en circulation

Variation (dilution)

Fin 2022

157 Millions

Fin 2023

229 Millions

+46%

Fin 2024

338 Millions

+47%

Q3 2025

412 Millions

+22%

Il faut pourtant relativiser la situation en distinguant deux types de dilutions. D’un cĂŽtĂ©, se trouve celle qui finance les opĂ©rations d’une entreprise dĂ©ficitaire, c’est remettre une piĂšce dans la machine. De l’autre cĂŽtĂ©, c’est financer une acquisition, ce qui constitue un investissement dont on espĂšre un retour immĂ©diat. L’acquisition entraĂźnant une augmentation du chiffre d'affaires, c’est le gĂąteau qui change de taille en mĂȘme temps que le nombre de convives au dessert. Si la dilution est quasi-systĂ©matiquement mal reçue par le marchĂ©, elle n’est pas aussi souvent au dĂ©triment de l’actionnaire que celui-ci le craint. Cela dĂ©pend essentiellement de la façon dont est dĂ©pensĂ© ce nouveau capital. A titre d’exemple, un actionnaire possĂ©dant 1 % de l'entreprise lors de l'IPO en 2022, n’en possĂšde dĂ©sormais plus que 0,38 % de l'entreprise aujourd'hui. En revanche, cette actionnaire possĂ©dait 1% d’une entreprise faisant 21$M de chiffre d'affaires en 2021 et maintenant il possĂšde 0.38% d’une entreprise qui fait 170$M en 2025.

(Keyvan Mohajer, CEO) : "Oui, nous avons créé plus d'actions (dilution), mais comme l'entreprise gagne maintenant beaucoup plus d'argent et se rapproche du seuil de rentabilitĂ©, la valeur de chaque action finira par ĂȘtre plus Ă©levĂ©e qu'avant."


Aujourd’hui, SoundHoud AI dispose d’une trĂ©sorerie de de 269$M, ce qui signifie que les besoins opĂ©rationnels sont trĂšs largement couverts et si l’entreprise rĂ©alise ses objectifs, elle devrait devenir rentable dĂšs cette annĂ©e. Il ne faut cependant pas oublier que le marchĂ© est fragmentĂ© et que cela offre de nombreuses opportunitĂ©s d’acquisitions et autant de raisons de diluer Ă  nouveau les actionnaires en levant de nouveaux fonds. 2026 devrait ĂȘtre un tournant majeur sur le plan comptable pour Soundhound AI dont la santĂ© financiĂšre devrait drastiquement s’amĂ©liorer.

Une course déséquilibrée

L’avance prise par Soundhound dĂšs 2005 lui confĂšre un savoir-faire unique, protĂ©gĂ© par des brevets, qui le distingue nettement de ses concurrents. Si les acteurs indĂ©pendants du marchĂ© peinent Ă  suivre, certains disposent de budgets et de rĂ©seaux clients supĂ©rieurs. Parmi ces “indĂ©pendants”, Soundhound AI semble cependant inarrĂȘtable, tandis que des concurrents comme Cerence accumulent un retard technologique tel qu’il est peu pertinent de les considĂ©rer comme une menace. La vĂ©ritable concurrence se situe plutĂŽt parmi les GAFAM, et la rĂ©ponse Ă  ce dĂ©fi passe par une offre plus favorable aux entreprises.

Nous avons dĂ©jĂ  vu que la technologie Speech-to-Meaning est nettement supĂ©rieure Ă  la technologie ASR (conversion d’un son en texte). Cette supĂ©rioritĂ© se traduit notamment par le fait que les agents de Sounhound fonctionnent en local (Edge) sans avoir recours Ă  une connexion internet au cloud contrairement aux LLM plus volumineux et Ă©nergivores. Il est donc idĂ©al pour ĂȘtre embarquĂ©, dans une voiture ou dans un objet portable comme une tablette ou un jouet. GrĂące Ă  son expertise historique, sa technologie s’illustre particuliĂšrement par sa fiabilitĂ© clairement supĂ©rieure au sein des environnements complexes et bruyants.


La gestion des donnĂ©es reprĂ©sente un enjeu majeur dans l’économie actuelle, oĂč certaines bases de donnĂ©es se vendent plusieurs centaines de millions de dollars et oĂč leur contrĂŽle relĂšve parfois de la souverainetĂ© nationale. Les GAFAM exploitent ces donnĂ©es en proposant des assistants “gratuits” ou peu coĂ»teux, souvent pour capturer les comportements des consommateurs. À l’inverse, Soundhound vend des licences logicielles sans exploiter les donnĂ©es personnelles de ses clients, garantissant ainsi une neutralitĂ© totale.

Soundhound va plus loin en partageant les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par les achats effectuĂ©s via ses agents. C’est notamment le cas dans l’automobile, avec des partenariats rĂ©cents annoncĂ©s au CES 2026, tels qu’OpenTable pour les rĂ©servations de restaurants et Parkopedia pour le stationnement, qui permettent de monĂ©tiser considĂ©rablement les assistants vocaux embarquĂ©s. D’autres collaborations similaires, comme avec Samsung, sont en cours de dĂ©veloppement. Le gĂ©ant corĂ©en travaille sur des tĂ©lĂ©viseurs Ă©quipĂ©s d’un agent Soundhound, permettant aux spectateurs de commander leurs repas directement depuis leur canapĂ©, sans passer par un smartphone.

Une des premiÚres manifestation tangibles de projets IA arrivant à maturité 

SoundHound AI est l’aboutissement rare d’un projet industriel de long terme, mĂ»ri pendant prĂšs de vingt ans, Ă  une Ă©poque oĂč la voix comme interface semblait marginale, voire irrĂ©aliste. LĂ  oĂč beaucoup d’acteurs de l’IA peinent encore Ă  transformer leurs dĂ©monstrations technologiques en produits Ă©conomiquement viables, SoundHound dispose aujourd’hui de solutions dĂ©ployĂ©es Ă  grande Ă©chelle, gĂ©nĂ©ratrices de revenus rĂ©currents, et intĂ©grĂ©es au cƓur d’industries critiques.

La sociĂ©tĂ© a franchi plusieurs seuils dĂ©cisifs dont la facultĂ© Ă  exister dans un monde de gĂ©ant oĂč l’Intelligence Artificielle semble ĂȘtre destinĂ© Ă  ĂȘtre un combat de gĂ©ants. La diversification de sa clientĂšle est un autre seuil franchi avec grand succĂšs.  SoundHound a dĂ©finitivement changĂ© de dimension, ce n’est plus une entreprise qui lĂšve des capitaux perpĂ©tuellement pour financer de la recherche, mais une vĂ©ritable plateforme d’IA conversationnelle en phase d’industrialisation.

Pour autant, l’investissement dans SoundHound AI reste un pari. La sociĂ©tĂ© Ă©volue dans un marchĂ© extrĂȘmement concurrentiel, dominĂ© par des acteurs aux moyens quasi illimitĂ©s. Sa stratĂ©gie repose sur une course Ă  la taille critique, impliquant des investissements lourds, des acquisitions et, potentiellement, de nouvelles dilutions. Le risque financier n’est pas nul, et la discipline d’exĂ©cution sera dĂ©terminante.

Mais c’est prĂ©cisĂ©ment cette asymĂ©trie qui fait l’intĂ©rĂȘt du dossier. Avec un marchĂ© adressable estimĂ© Ă  140 milliards de dollars et un chiffre d’affaires encore infĂ©rieur Ă  200 millions, SoundHound opĂšre Ă  l’aube d’un potentiel de crĂ©ation de valeur considĂ©rable. Si l’entreprise parvient Ă  consolider sa position de leader indĂ©pendant, Ă  atteindre durablement la rentabilitĂ© et Ă  imposer son modĂšle neutre face aux GAFAM, elle pourrait s’imposer comme l’un des rares champions autonomes de l’IA conversationnelle.

SoundHound AI incarne ainsi l’une des premiĂšres manifestations tangibles d’une intelligence artificielle arrivĂ©e Ă  maturitĂ© : non plus une promesse, mais un outil productif, monĂ©tisable et dĂ©jĂ  indispensable. Pour l’investisseur, il ne s’agit pas d’un pari sur un projet tendance et  nĂ©buleux, mais d’un engagement sur une technologie Ă©prouvĂ©e, Ă  un moment charniĂšre de son cycle de vie.

Sa valorisation est actuellement proche de sa moyenne, rendant une entrĂ©e sur le titre aujourd’hui parfaitement raisonnable.


Il est impĂ©ratif de garder Ă  l’esprit que ce titre s’adresse Ă  des investisseurs capables d’encaisser une forte volatilitĂ©. Le cours connaĂźt rĂ©guliĂšrement d’importants mouvements haussiers comme baissiers, liĂ©s aux publications de rĂ©sultats, aux acquisitions, aux levĂ©es de fonds et aux effets d’annonce. Son bĂȘta s’élĂšve actuellement Ă  2,84, ce qui signifie que l’action Ă©volue prĂšs de trois fois plus rapidement que le marchĂ© dans son ensemble.

MĂȘme si l’entreprise fait dĂ©sormais partie des mid caps, ce qui apporte une certaine stabilitĂ©, les attentes autour de SoundHound restent trĂšs Ă©levĂ©es, notamment en matiĂšre de chiffre d’affaires et surtout d’EBITDA, indicateur clĂ© de la trajectoire vers la rentabilitĂ©. La moindre dĂ©ception — en particulier concernant le calendrier d’accĂšs Ă  la profitabilitĂ© — pourrait ainsi ĂȘtre sĂ©vĂšrement sanctionnĂ©e par le marchĂ©.

SoundHound est donc une sociĂ©tĂ© clairement digne d’intĂ©rĂȘt, mais qui promet Ă©galement des sensations fortes : un dossier taillĂ© pour les investisseurs amateurs de montagnes russes.