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Publié le 18/01/2026

Euronext Paris: LOUP

LDC
L’Empire du Poulet

InterrogĂ© sur les performances de l’entreprise Ă  l’occasion de la publication des rĂ©sultats semestriels 2025-2026, Philippe GĂ©lin, PrĂ©sident du directoire de LDC, dĂ©clarait dans une interview accordĂ©e Ă  Marc Fiorentino : « On dit ce qu’on fait, et on fait ce qu’on dit». Dans le paysage agroalimentaire europĂ©en, peu d'entreprises incarnent avec autant de constance la rĂ©ussite du capitalisme familial que le Groupe LDC (Lambert Dodard Chancereul). Il a su transformer un mĂ©tier ancestral, l'Ă©levage et la transformation de volailles, en un modĂšle industriel d'une efficacitĂ© redoutable, alliant un ancrage territorial profond Ă  une ambition internationale dĂ©complexĂ©e.

La formule employĂ© par Philippe GĂ©lin rĂ©sume parfaitement l’ADN du groupe qui a pour habitude de tenir ses promesses. LDC s’est imposĂ© au fil des dĂ©cennies comme un pilier de la consommation alimentaire française. Avec un chiffre d’affaires annuel dĂ©passant les 6 milliards d’euros sur l’exercice 2024-2025, le leader de la volaille et des produits Ă©laborĂ©s affiche une trajectoire de croissance remarquablement rĂ©guliĂšre, quelles que soient les conjonctures Ă©conomiques. Elle a en effet traversĂ© les pires crises du XXIĂšme siĂšcle avec une relative sĂ©rĂ©nitĂ©.

Le graphique ci-dessous illustre la plus grande force de la sociĂ©tĂ© qui est sa rĂ©silience en pĂ©riode de contraction Ă©conomique. La courbe rouge/verte reprĂ©sente l’indice du CAC40 et la courbe bleu reprĂ©sente le cours de l’action LDC. On observe que mĂȘme lorsque le marchĂ© boursier est en chute libre, LDC subit nettement moins la volatilitĂ© nĂ©gative.


30 ans de croissance

La performance de LDC sur les trois derniÚres décennies est un cas d'école de croissance maßtrisée. Depuis son introduction en bourse (IPO) en 1995, le groupe a suivi une ligne directrice claire, refusant les effets de mode pour se concentrer sur ses fondamentaux industriels et commerciaux. Cette constance a permis de délivrer une performance boursiÚre et économique d'une régularité métronomique.

L'un des indicateurs les plus frappants de la réussite de LDC est sa croissance moyenne annualisée (CAGR) d'environ 10% depuis 1995. Cette statistique est d'autant plus remarquable qu'elle s'applique à un secteur mature ; l'agroalimentaire, offrant des perspectives de croissance limitées.

La nature de cette croissance est autant organique qu’externe.

  • La croissance Organique est alimentĂ©e par l'innovation produit (le passage du poulet entier Ă  la dĂ©coupe, puis aux produits Ă©laborĂ©s), la force des marques (LouĂ©, Le Gaulois, MaĂźtre CoQ) et la capacitĂ© Ă  accompagner la Grande Distribution (GMS) dans son dĂ©veloppement. LDC a su capter l'Ă©volution des modes de consommation vers plus de praticitĂ© (snacking, plats cuisinĂ©s) tout en rassurant sur l'origine et la qualitĂ©.

  • La croissance Externe repose sur l’acquisition d'entreprises familiales ou de sites industriels en difficultĂ©, investissement massif pour moderniser l'outil de production, et intĂ©gration progressive dans la logistique et les achats du groupe, tout en respectant l'identitĂ© locale des marques acquises.

LDC a construit un portefeuille stratĂ©gique de marques lui permettant de rĂ©pondre aux besoins de l’ensemble des segments du marchĂ©.

  • Le Gaulois est la marque grand public par excellence, leader en France. Avec son slogan « 100% Français », elle rassure le consommateur sur l'origine et soutient la souverainetĂ© alimentaire. Elle couvre tous les segments, du poulet entier aux cordons bleus, assurant des volumes massifs qui permettent d'amortir les coĂ»ts fixes industriels.

  • LouĂ© est le joyau de la couronne. LouĂ© incarne l'excellence du Label Rouge, un modĂšle d'Ă©levage fermier en libertĂ© unique au monde. Cette marque permet Ă  LDC de capter une clientĂšle plus aisĂ©e ou plus soucieuse du bien-ĂȘtre animal, prĂȘte Ă  payer un diffĂ©rentiel de prix (premium) pour une qualitĂ© gustative supĂ©rieure.

  • MaĂźtre CoQ est positionnĂ©e sur l'innovation et la praticitĂ©, la marque a su sĂ©duire les jeunes consommateurs et les familles avec des produits faciles Ă  prĂ©parer (box, marinĂ©s).

La rĂ©ussite du groupe s’explique grĂące Ă  une intĂ©gration verticale poussĂ©e ("de la fourche Ă  la fourchette"), qui sĂ©curise la chaĂźne de valeur, optimise les coĂ»ts et accroĂźt ainsi la rentabilitĂ©.

  • Le pĂŽle traiteur offre des marges gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieures Ă  celles de la volaille brute et une moindre volatilitĂ© face aux cours des cĂ©rĂ©ales. Les produits comme les plats cuisinĂ©s, les pĂątes Ă  tarte ou les pizzas permettent de valoriser la matiĂšre premiĂšre animale du groupe. En 2025, l'acquisition du Groupe Pierre Martinet pour environ 230 M€ de CA vient complĂ©ter cette division. Martinet est le leader des salades traiteur (taboulĂ©s, carottes rĂąpĂ©es), un segment complĂ©mentaire Ă  celui de Marie (plats cuisinĂ©s). Cette opĂ©ration permet Ă  LDC de couvrir dĂ©sormais 70% des familles de produits du rayon traiteur en GMS , consolidant ainsi son pouvoir de nĂ©gociation face aux distributeurs.

  • Le pĂŽle Amont assure un contrĂŽle sur l’entiĂšretĂ© de la chaĂźne de production. Le groupe possĂšde des couvoirs, des usines d'aliments pour bĂ©tail (nutrition animale) et travaille en contrat avec des milliers d'Ă©leveurs partenaires. Cette maĂźtrise de l'amont permet de garantir la traçabilitĂ©, de contrĂŽler la qualitĂ© sanitaire dĂšs le dĂ©but du cycle et de lisser partiellement les fluctuations des prix des matiĂšres premiĂšres agricoles (blĂ©, maĂŻs, soja).

LDC dĂ©veloppe continuellement son outil Industriel (plus de 350 M€ d'investissements prĂ©vus en 2025-2026) pour le maintenir Ă  la pointe de la technologie. L'automatisation et la robotisation des abattoirs et des ateliers de dĂ©coupe sont des rĂ©ponses structurelles Ă  la pĂ©nurie de main-d'Ɠuvre et Ă  la nĂ©cessitĂ© d'amĂ©liorer les conditions de travail.

Le plan stratĂ©gique quinquennal en cours visait un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros et un EBITDA de 560 millions d'euros Ă  l'horizon 2027. Philippe GĂ©lin a confirmĂ© que ces seuils symboliques seraient franchis dĂšs l'exercice 2025-2026, soit avec un an d'avance sur le calendrier. En mai 2026, la direction prĂ©sentera sa vision pour les 5 prochaines annĂ©es et il sera intĂ©ressant de s’informer des stratĂ©gies qui seront employĂ©es pour prolonger ce trĂšs long et beau parcours.

A la conquĂȘte de l’Europe

Si la France reste le socle historique de LDC, le marché national arrive à maturité. Pour maintenir sa dynamique de croissance à deux chiffres, le groupe a enclenché une stratégie d'internationalisation méthodique. L'objectif est clair : reproduire le succÚs du modÚle français chez les voisins européens en devenant un acteur local de premier plan dans chaque pays cible.

PlutĂŽt que de se tourner vers une stratĂ©gie d’exportation, en continuant de produire en France, LDC adopte la stratĂ©gie du “multi-locale”. Le groupe fait l’acquisition de producteurs locaux pour servir leurs marchĂ©s domestiques respectifs. Cette approche permet de s'affranchir des barriĂšres culturelles et de rĂ©pondre Ă  la prĂ©fĂ©rence des consommateurs pour des produits locaux.

La Pologne est devenue le pivot central de la stratĂ©gie europĂ©enne de LDC. Ce pays dispose d'atouts concurrentiels majeurs qui en font le candidat idĂ©al pour dĂ©velopper une activitĂ© d’élevage : une main-d'Ɠuvre qualifiĂ©e Ă  coĂ»t compĂ©titif, une abondance de cĂ©rĂ©ales locales, des coĂ»ts de construction et d'Ă©nergie infĂ©rieurs et une situation gĂ©ographique centrale. Un choix qui s’est concrĂ©tisĂ© par l’acquisition de Indykpol en 2024. L’activitĂ© polonaise combine les avantages Ă©conomiques et le savoir-faire technologique du groupe est si compĂ©titive qu’elle est devenue un hub d'exportation servant Ă  alimenter les marchĂ©s d'Europe, principalement l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Au Royaume-Uni, LDC a de nouveau saisi une opportunitĂ© dans un marchĂ© britannique, post-Brexit, qui cherche Ă  sĂ©curiser son approvisionnement alimentaire. En dĂ©cembre 2025, LDC a acquis une participation majoritaire dans Green Label Holdings, maison mĂšre de Gressingham Foods, leader incontestĂ© du canard au Royaume-Uni. L’acquisition complĂšte la prĂ©sence de LDC outre-Manche, qui possĂ©dait dĂ©jĂ  Capestone Organic Poultry (spĂ©cialiste du bio). Elle offre au groupe une plateforme de distribution puissante pour introduire d'autres produits de sa gamme auprĂšs de la grande distribution britannique.

L’empire continue de croĂźtre en Allemagne avec l’acquisition de European Convenience Food (ECF) dans le segment des produits Ă©laborĂ©s surgelĂ©s. En Roumanie et en Hongrie, l'acquisition de Calibra donne accĂšs au marchĂ© d'Europe de l'Est en forte croissance

Des risques clairement identifiés

Si LDC se distingue franchement par sa solidité, elle n'est pas sans point faible. Le groupe évolue dans un environnement complexe qui peut présenter de nombreuses adversités. La force de ce géant ne réside pas dans son invincibilité, mais dans sa capacité à anticiper, gérer et absorber les obstacles.

Le premier danger est la volatilité du prix des céréales et soja. Elles représentent environ 60% à 65% du coût de revient d'un poulet vif. Une flambée de ces matiÚres premiÚres, causée par des aléas climatiques ou géopolitiques, tel que la guerre en Ukraine, impacte automatiquement la marge brute. En matiÚre de fixation de prix, LDC utilise des mécanismes contractuels d'indexation pour répercuter les variations de coûts des matiÚres premiÚres agricoles dans ses prix de vente à la grande distribution. Par ailleurs, sa stratégie de diversification géographique ainsi que son pÎle Amont lui confÚrent une capacité de stockage stratégique et une expertise dans l'achat de grains, permettant de lisser les pics de volatilité.

Le deuxiĂšme danger est de nature sanitaire. La grippe aviaire reste le croque-mitaine de la filiĂšre. Les Ă©pizooties de 2021 et 2022 ont entraĂźnĂ© des abattages massifs et une pĂ©nurie de matiĂšre premiĂšre. L’impact est impitoyable : perte de chiffre d'affaires, dĂ©sorganisation industrielle (usines Ă  l'arrĂȘt faute de volailles), coĂ»ts de nettoyage et dĂ©sinfection, fermeture des marchĂ©s Ă  l'exportation. Face Ă  la maladie, la France a Ă©tĂ© pionniĂšre en lançant, avec le soutien actif de LDC, une campagne de vaccination massive des canards (rĂ©servoir principal du virus). Cette stratĂ©gie unique au monde a permis de sĂ©curiser la production lors des derniers hivers. Une sĂ©rie de mesures sĂ©curitaires sont appliquĂ©es, allant d’un simple amĂ©nagement logistique, en passant par un sas sanitaire pour les humains, jusqu’à la filtration de l’air.

Les négociations annuelles avec les grands distributeurs (Leclerc, Carrefour, Intermarché, SystÚme U) sont le dernier danger majeur. Dans ce domaine, la taille prévaut. Grùce à ses marques incontournables et un taux de service logistique irréprochable (supérieur à 98%), LDC dispose d'un réel pouvoir de négociation. Le groupe est capable de passer des hausses de tarifs justifiées par l'inflation, car aucun distributeur ne peut se permettre de voir ses rayons volaille vides.

Un “fond” de premier plan

Pour l'investisseur boursier, LDC prĂ©sente un profil rare et attractif : elle associe les caractĂ©ristiques d’une valeur de croissance et celles d’une valeur dĂ©fensive. Elle se prĂ©sente comme une solution appĂ©tissante aux investisseurs en quĂȘte de sĂ»retĂ© mais pas au sacrifice d'une Ă©ventuelle plus-value.

En termes d’apprĂ©ciation (value), l'action s’échange trĂšs lĂ©gĂšrement au-dessus de sa moyenne sur les 10 derniĂšres annĂ©es (10.62 bĂ©nĂ©fices/revenus prĂ©visionnels). Elle a rĂ©alisĂ© un parcours boursier excellent en 2025, avec un gain de quasiment 50% sur l’annĂ©e, lui faisant atteindre un nouveau plus haut historique Ă  98.5€. Il ne faut donc pas espĂ©rer la rĂ©pĂ©tition d’une telle performance sur 2026, pour un cours qui a probablement besoin de respirer quelque peu. On peut toutefois imaginer un scĂ©nario trĂšs optimiste dans lequel, un catalyseur positif comme un rĂ©sultat semestriel hors norme, ou la publication d’un plan stratĂ©gique trĂšs ambitieux, pourrait doper le cours de bourse et le renvoyer sur les sommets de 2018. Le cours serait alors propulsĂ© aux alentours de 175€. Le consensus des analystes est plus proche des 110€ pour l’annĂ©e 2026, ce qui est parfaitement raisonnable si l’on continue Ă  se conformer aux multiples actuels (~10 forward P/E).



L'action LDC se caractĂ©rise par un bĂȘta extrĂȘmement bas, aux alentours de 0,20. Ce coefficient bĂȘta trĂšs faible signifie que le cours de l'action est peu corrĂ©lĂ© aux fluctuations gĂ©nĂ©rales du marchĂ© (indice CAC 40 ou SBF 120). En pĂ©riode de turbulences boursiĂšres ou de rĂ©cession Ă©conomique, LDC a tendance Ă  surperformer ou Ă  rĂ©sister bien mieux que la moyenne. Cette capacitĂ© de rĂ©sistance aux flux du marchĂ©s est plurifactorielle.

La nature mĂȘme de l'activitĂ© LDC en fait une valeur anti-crise. En pĂ©riode de difficultĂ©s, les consommateurs continuent d'acheter du poulet et des Ɠufs, protĂ©ines les moins chĂšres du marchĂ©, dĂ©laissant le bƓuf ou l'agneau.


La composition de l'actionnariat est une autre raison pour laquelle LDC est de nature rĂ©sistante. Le capital de LDC est verrouillĂ©, par les familles fondatrices (Lambert, Chancereul, Guillet, Huttepain) qui contrĂŽlent environ 69,3% du capital. Cette composition protĂšge l'entreprise des OPA hostiles et garantit que les dĂ©cisions sont prises dans l'intĂ©rĂȘt de la pĂ©rennitĂ© de l'entreprise dans le long terme. Le flottant rĂ©duit (la part des actions disponibles en bourse), est dissuasif pour les grands investisseurs institutionnels, qui prĂ©fĂšrent les vagues Ă©tendues d’eau, aux petits bocaux, dans lesquelles leurs arrivĂ©es n’entraĂźnent pas de vagues et leur permettent d’accumuler un titre discrĂštement, noyĂ© dans la masse des Ă©changes. C’est un facteur qui contribue Ă  sa faible apprĂ©ciation.

LDC n'est pas une valeur spĂ©culative, mais une valeur patrimoniale. La sociĂ©tĂ© offre un dividende modeste mais extrĂȘmement fiable et en progression rĂ©guliĂšre. Il Ă©tait de 1,55 € par action pour l'exercice 2024-2025. Le groupe privilĂ©gie le rĂ©investissement des bĂ©nĂ©fices dans l'outil industriel et les acquisitions. C’est une stratĂ©gie long terme, qui permet Ă  l’entreprise de grandir et indirectement, Ă  son cours boursier de s’apprĂ©cier Ă  la hausse. L’actionnaire n’est donc pas perdant car le faible dividende est compensĂ©e par un cours boursier plus attractif. L’actionnariat salariĂ© est un autre signe que j'interprĂšte positivement dans l’actionnariat moderne et que l’on retrouve dans de nombreuses sociĂ©tĂ©s en rĂ©ussite. La logique de propriĂ©tĂ© commune et d’alignement des intĂ©rĂȘts encourage efficacement Ă  la performance et dĂ©montre la confiance envers l’ensemble de la structure.

La gouvernance participe Ă  la stabilitĂ© du groupe. Il associe la culture de l’entreprise familiale (visites rĂ©guliĂšres des producteurs locaux) avec une gestion opĂ©rationnelle pragmatique digne d’un gĂ©ant industriel. C’est une gouvernance bicĂ©phale, composĂ©e d’un Directoire et Conseil de Surveillance, mĂȘlant aristocratie et mĂ©ritocratie.

  • Le Conseil de Surveillance est prĂ©sidĂ© par Denis Lambert (figure historique de la famille). Il fixe la stratĂ©gie, contrĂŽle et reprĂ©sente les intĂ©rĂȘts des actionnaires familiaux.

  • Le Directoire est prĂ©sidĂ© par Philippe Gelin (un dirigeant non issu de la famille, nommĂ© pour ses compĂ©tences). Il gĂšre l'opĂ©rationnel au quotidien. Le Directoire est composĂ© de dirigeants opĂ©rationnels ayant souvent rĂ©alisĂ© l'ensemble de leur carriĂšre dans le groupe

Cette sĂ©paration Ă©vite les conflits d'intĂ©rĂȘts et permet de confier les rĂȘnes opĂ©rationnelles aux meilleurs talents, qu'ils soient de la famille ou non, tout en gardant le contrĂŽle stratĂ©gique.

Enfin, le bilan comptable “bĂ©ton” et l’usage trĂšs prĂ©cautionneux de la dette tĂ©moignent d’une gestion rigoureuse et prudente.


Bien que massifs et d’un montant record de 350 millions d'euros pour l’exercice 2025-2026, les investissements sont parfaitement contrĂŽlĂ©s, Ă©tant essentiellement financĂ©s sur fonds propres. Au 28 fĂ©vrier 2025, LDC affichait une trĂ©sorerie nette positive de 283,4 M€. Elle dispose d’une trĂ©sorerie trĂšs largement supĂ©rieure Ă  sa dette, ce qui explique le graphique ci-dessus montrant une dette nĂ©gative chaque annĂ©e. Sa capacitĂ© d'autofinancement (CAF) sur l’exercice 2024-2025 est de 426 M €, nettement supĂ©rieur Ă  son investissement annoncĂ© de 350M€ pour 2025-2026. Les flux de trĂ©sorerie positifs permettront de payer les futurs dividendes et de rĂ©aliser de nouvelles acquisitions.

Parfait pour une stratégie long terme défensive

Ce bastion de la volaille est solidement fortifiĂ©. Il applique des stratĂ©gies simples mais efficaces et les exĂ©cute avec discipline. Sa gestion est prudente et sa rĂ©silience n'est plus Ă  prouver. Il est positionnĂ© sur un marchĂ© robuste qui profite de tendances de fond favorables. La volaille est devenue la viande la plus compĂ©titive tant sur le plan nutritionnel que sur le plan Ă©conomique et elle ne souffre d’aucun stigmate culturel.

Pour l'investisseur en quĂȘte de sĂ©rĂ©nitĂ© et de performance, le titre offre un profil sĂ©duisant, alliant sĂ©curitĂ©, rentabilitĂ© et croissance, particuliĂšrement attractif au sein d'un PEA. Il n’y a pas vraiment de bons moments pour acheter LDC. Un retour sur les 85€ serait une excellente fenĂȘtre mais au regard de la faible volatilitĂ© du titre, une telle opportunitĂ© est loin d’ĂȘtre une garantie. Acheter LDC lorsque le ciel est dĂ©gagĂ© peut sembler contre intuitif, mais le soleil prĂ©cĂšde la pluie et c’est dans les pires climats que LDC brille le plus fort.

En 30 ans, LDC a montrĂ© qu’un bon rĂ©sultat annuel n’était qu’un train arrivant Ă  l’heure. L'acquisition de Pierre Martinet ouvre de nouveaux horizons dans le vĂ©gĂ©tal, tandis que l'offensive au Royaume-Uni et en Europe de l'Est sĂ©curise des relais de croissance pour la dĂ©cennie Ă  venir. C'est une entreprise qui a su rester fidĂšle Ă  ses racines tout en devenant un champion europĂ©en, tout en dĂ©montrant que l’agroalimentaire traditionnelle peut constituer un bon investissement 
 Ă  condition de miser sur le bon poulet.